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biography_artistic approach

Eva Garcia est née en 1980 en Dordogne, elle vit et travaille à Paris.

Elle intègre en 2010 l’atelier de gravure de Paris Atelier, sous la direction de Mireille Baltar.

En 2013, elle obtient le prix  Graver Maintenant. Elle rejoint en 2014 l’atelier Bo Halbirk.

Depuis 2014, elle participe à plusieurs expositions collectives en France et à l’étranger, dans des ateliers et des galeries dont la galerie Larnoline à Sauve. Son travail est représenté par la galerie Schumm-Braunstein, où l’artiste réalise sa première exposition personnelle “Sommeils” en janvier 2019.

La pratique d’Eva Garcia est axée principalement sur la gravure, dont elle emploie l’ensemble des techniques, aussi bien le sucre, le burin, la pointe, le berceau, privilégiant progressivement la taille directe. Elle nous propose des visions à la fois éthérées et tangibles, impressions au caractère expérimental, au-delà des codes habituels du medium.

Ce qui l’intéresse, c’est l’image, qui dans son essence même, est multiple, évoluant de son inscription à son immanquable dispersion. Bien que commençant son travail par l’incision d’une matrice, l’artiste se joue du principe de l’estampe et d’une multiplication à l’identique, en intervenant sur l’estampe elle-même ou en travaillant les supports d’impression : fond noir de jais de l’encre typographique, encre blanche, encre noire, lavis blanc, encre blanche, papier blanc, reste d’encre. Il ne s’agit pas de variations en séries mais d’écritures répétées, transposées, multiples, opérant un transfert de langage. Par ces jeux traversants, ces expérimentations, ces interpénétrations de gestes, techniques et matières, par les formats qui imposent un investissement physique du corps entier, la confrontation avec la matière est à la fois rude et âpre mais tout aussi subtile. Il n’est pas étonnant que l’artiste ouvre aujourd’hui sa pratique à la peinture et la sculpture, restant toujours au croisement de la gravure, dans un rapport de circularité.

education

2014-2018_Sous la direction de Bo Halbirk

Paris

20112014_Sous la direction de Mireille Baltar

Atelier de gravure des Arquebusiers

Paris

individual exhibition

2019_“ Sommeils ”

Paris

2017_“ Système sombre ”

Gallery Legouvé

Paris

group show (selection)

Gallery Prodromus

Paris

Gallery Larnoline

Sauve

Atelier Bo Halbirk

Paris

Graver Maintenant

Rueil-Malmaison

2013

Graver Maintenant

Rueil-Malmaison

awards

2020_Prix Frédéric et Jean Vernon

Académie des beuax-arts

Paris

Graver Maintenant

Rueil-Malmaison

about

Car le miracle de la vie n’est jamais sans un revers tragique.

Et c’est délivrance que l’embrunie soudaine de ce ciel trop clair.

Jean-Philippe Salabreuil

Il est bon de relever que le travail d’Eva Garcia est avant tout une « démarche picturale ». L’artiste en parle comme quelque chose qui va de soi. Cela fait penser à Jannis Kounellis qui se revendique « peintre » et n’utilise jamais de peinture. L’œuvre d’Eva Garcia, se veut avant tout et résolument gravée. La gravure est chez elle un prétexte pour atteindre quelque chose autre, comme la lumière ne sert qu’à saisir les objets, ou comme le corps n’est utile qu’à la présence. Il y a là la volonté de ce qui ne veut pas être absent et qui somnole en refusant d’être saisi. Il y a de la grâce dans cette esthétique du trouble et de la déliquescence dans ces gravures, comme si depuis le début nous n’avions pas compris qu’il s’agissait de la recette d’un mystère.

Son art se lit comme une tentative de perpétuer l’apparition. Tentative de la tentative, ou bien déjà bouquet silencieux de ce qui fut – on se mêle vite, en regardant son travail, au labeur tardif et impénétrable des morts. D’où la dimension posthume de son œuvre qu’il est pertinent d’avancer pour en comprendre l’enjeu. On voit ce qu’il en est des jours de l’autre côté de la vie sur terre – alors, comme dirait Pirandello, on se met à « regarder les choses avec les yeux de ceux qui ne les voient plus » (« Guarda le cose anche con gli occhi di quelli che non le vedono più »).

Les gravures d’Eva Garcia sont une école de la curiosité. En les explorant, on se lance tout de suite à la poursuite de mille sillons, creusements, griffures, qui défient l’intuition en éveillant en nous le penchant pour ce qui n’apparaît jamais qu’une fois avant de disparaître. La matière y foisonne d’autant plus diablement qu’on s’y sent emporté avec elle, certain d’entrer en communion avec ses grumeaux.

L’œuvre d’Eva Garcia est essentiellement abstraite. Le fait qu’elle soit en noir et blanc augmente sa force « apocalyptique » chère à René Girard, étant à la fois « catastrophe » et « révélation ». Les raclures, les rayures sont autant de procédés qui donnent à la déchirure sa dimension terrible. On croirait entendre résonner le Victor Hugo des lavis d’encres brunes et des brûlures. Comme lui, Eva Garcia livre des visions ensommeillées de l’être, des lieux où le dessin se dérobe pour laisser sa place aux errements. Il ne faut donc pas croire que c’est le statut du graveur que de penser que son œuvre est définitive. Nous voyons avec lui, par lui, que son objet est encore en train de bouger, que les éléments en lui s’y déploient encore, exaltés et furieux, prêts à se répandre parmi les limbes.

 

Mathieu François du Bertrand,

écrivain et critique d’art, membre de l’AICA

biography_artistic approach

Eva Garcia est née en 1980 en Dordogne, elle vit et travaille à Paris.

Elle intègre en 2010 l’atelier de gravure de Paris Atelier, sous la direction de Mireille Baltar.

En 2013, elle obtient le prix  Graver Maintenant. Elle rejoint en 2014 l’atelier Bo Halbirk.

Depuis 2014, elle participe à plusieurs expositions collectives en France et à l’étranger, dans des ateliers et des galeries dont la galerie Larnoline à Sauve. Son travail est représenté par la galerie Schumm-Braunstein, où l’artiste réalise sa première exposition personnelle “Sommeils” en janvier 2019.

La pratique d’Eva Garcia est axée principalement sur la gravure, dont elle emploie l’ensemble des techniques, aussi bien le sucre, le burin, la pointe, le berceau, privilégiant progressivement la taille directe. Elle nous propose des visions à la fois éthérées et tangibles, impressions au caractère expérimental, au-delà des codes habituels du medium.

Ce qui l’intéresse, c’est l’image, qui dans son essence même, est multiple, évoluant de son inscription à son immanquable dispersion. Bien que commençant son travail par l’incision d’une matrice, l’artiste se joue du principe de l’estampe et d’une multiplication à l’identique, en intervenant sur l’estampe elle-même ou en travaillant les supports d’impression : fond noir de jais de l’encre typographique, encre blanche, encre noire, lavis blanc, encre blanche, papier blanc, reste d’encre. Il ne s’agit pas de variations en séries mais d’écritures répétées, transposées, multiples, opérant un transfert de langage. Par ces jeux traversants, ces expérimentations, ces interpénétrations de gestes, techniques et matières, par les formats qui imposent un investissement physique du corps entier, la confrontation avec la matière est à la fois rude et âpre mais tout aussi subtile. Il n’est pas étonnant que l’artiste ouvre aujourd’hui sa pratique à la peinture et la sculpture, restant toujours au croisement de la gravure, dans un rapport de circularité.

education

20142018_Sous la direction de Bo Halbirk

Paris

20112014_Sous la direction de Mireille Baltar

Atelier de gravure des Arquebusiers

Paris

individual exhibition

2019_“ Sommeils ”, Press release, interview

Paris

2017_“ Système sombre ”, Press release

Atelier Legouvé

Paris

group show (selection)

2017

Galerie Prodromus

Paris

Galerie Larnoline

Sauve

Atelier Bo Halbirk

Paris

Graver Maintenant

Rueil-Malmaison

2013

Graver Maintenant

Rueil-Malmaison

awards

2020_Prix Frédéric et Jean Vernon

Académie des beaux-arts

Paris

Graver Maintenant

Rueil-Malmaison

about

Car le miracle de la vie n’est jamais sans un revers tragique.

Et c’est délivrance que l’embrunie soudaine de ce ciel trop clair.

Jean-Philippe Salabreuil

Il est bon de relever que le travail d’Eva Garcia est avant tout une « démarche picturale ». L’artiste en parle comme quelque chose qui va de soi. Cela fait penser à Jannis Kounellis qui se revendique « peintre » et n’utilise jamais de peinture. L’œuvre d’Eva Garcia, se veut avant tout et résolument gravée. La gravure est chez elle un prétexte pour atteindre quelque chose autre, comme la lumière ne sert qu’à saisir les objets, ou comme le corps n’est utile qu’à la présence. Il y a là la volonté de ce qui ne veut pas être absent et qui somnole en refusant d’être saisi. Il y a de la grâce dans cette esthétique du trouble et de la déliquescence dans ces gravures, comme si depuis le début nous n’avions pas compris qu’il s’agissait de la recette d’un mystère.

Son art se lit comme une tentative de perpétuer l’apparition. Tentative de la tentative, ou bien déjà bouquet silencieux de ce qui fut – on se mêle vite, en regardant son travail, au labeur tardif et impénétrable des morts. D’où la dimension posthume de son œuvre qu’il est pertinent d’avancer pour en comprendre l’enjeu. On voit ce qu’il en est des jours de l’autre côté de la vie sur terre – alors, comme dirait Pirandello, on se met à « regarder les choses avec les yeux de ceux qui ne les voient plus » (« Guarda le cose anche con gli occhi di quelli che non le vedono più »).

Les gravures d’Eva Garcia sont une école de la curiosité. En les explorant, on se lance tout de suite à la poursuite de mille sillons, creusements, griffures, qui défient l’intuition en éveillant en nous le penchant pour ce qui n’apparaît jamais qu’une fois avant de disparaître. La matière y foisonne d’autant plus diablement qu’on s’y sent emporté avec elle, certain d’entrer en communion avec ses grumeaux.

L’œuvre d’Eva Garcia est essentiellement abstraite. Le fait qu’elle soit en noir et blanc augmente sa force « apocalyptique » chère à René Girard, étant à la fois « catastrophe » et « révélation ». Les raclures, les rayures sont autant de procédés qui donnent à la déchirure sa dimension terrible. On croirait entendre résonner le Victor Hugo des lavis d’encres brunes et des brûlures. Comme lui, Eva Garcia livre des visions ensommeillées de l’être, des lieux où le dessin se dérobe pour laisser sa place aux errements. Il ne faut donc pas croire que c’est le statut du graveur que de penser que son œuvre est définitive. Nous voyons avec lui, par lui, que son objet est encore en train de bouger, que les éléments en lui s’y déploient encore, exaltés et furieux, prêts à se répandre parmi les limbes.

 

Mathieu François du Bertrand,

écrivain et critique d’art, membre de l’AICA